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SAVOIR ET FAIRE SAVOIR

 

2010 est une année cruciale pour la planète. Nous fêtons cette année le dixième anniversaire des Objectifs du Millénaire. Il y a dix ans, 189 chefs d’Etats et de gouvernements se sont, en effet, engagés à améliorer les conditions de vie de millions de personnes et à leur rendre leur dignité. Huit engagements, qui vont de la réduction de la pauvreté à la préservation de l’environnement, de la baisse de la mortalité infantile à l’éducation primaire universelle et l’amélioration de l’accès à l’eau potable et l’assainissement d’ici 2015. Certaines de ces promesses sont en bonne voie d’être tenues.

Des progrès considérables ont été faits en matière de santé infantile. Le nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans est ainsi passé de 12,6 millions en 1990 à 9 millions en 2007. Le travail sur l’éducation primaire universelle a également bien avancé, puisque le taux d’enfants scolarisés est passé de 83% en 2000 à 88% en 2007.

De même, le nombre de personnes nouvellement infectées par le Sida et le nombre de décès qui s’y rattachent sont en recul depuis 2005. Autant de signes qui redonnent de l’espoir dans la lutte contre la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie.

Mais il y a au moins deux engagements critiques sur lesquels nous ne seront pas au rendez-vous : la réduction de moitié des personnes n’ayant pas accès à l’eau potable et celles n’ayant pas accès à un assainissement amélioré. Pour l’accès à l’eau potable les chiffres sont trompeurs,  ou en tout cas ne transcrivent pas toute la réalité. Si certains observateurs se félicitent de l’atteinte prévue des objectifs,  cela n’est dû qu’au dynamisme de la Chine et de l’Inde. 54% de la population d’Afrique subsaharienne n’a toujours pas accès à une eau potable.

Pour l’assainissement le constat est encore plus saisissant : le nombre de personnes n’ayant pas accès à un assainissement décent a –malgré les efforts- encore augmenté. Ils étaient 2,5 milliards en 1990, ils sont plus de 2,6 milliards aujourd’hui. Et la courbe ne pourra s’inverser que par une prise de conscience majeure de la part de l’opinion publique.

Les médias ont ici une grande responsabilité d’information et d’alerte. Le désintérêt ou les effets de mode pour certaines questions du développement humain nuisent à l’émergence d’une mobilisation générale qui seule pourra pousser les décideurs à agir vite et durablement.

En termes d’Objectifs du Millénaire, pourtant, rien n’est impossible. Au sein de (re)sources nous avons souvent rappelé que ce ne sont pas les moyens financiers qui manquent. Ce qui fait défaut ce sont les bons projets, et la volonté. Faute de détermination et de choix politique, d’organisation administrative adéquate, de contextes juridiques sécurisés et stables pour les investissements publics comme privés, rien ne sera possible.

En tant qu’experts de l’eau, de la politique, de la santé et de l’humanitaire, les membres de (re)sources prennent leur entière responsabilité en faisant des préconisations réalistes et concrètes pour accélérer l’atteinte des Objectifs du Millénaire. En cette année charnière, il ne s’agit pas seulement de savoir, mais de dire et faire savoir.

 

Patrice Fonlladosa,  

Président de (re)sources