Eau et sécurité alimentaire

Droit à l'eau et concurrence des usages

Les usages de l'eau

Au niveau mondial, seuls 10% de la consommation d'eau est destiné à des usages personnels ou domestiques. 70% de la consommation est destinée à l'agriculture et 20% à des usages industriels ou à la production d'électricité. Assurer le droit à l'eau, tout spécialement dans un contexte de pénurie de la ressource, impliquera donc de hiérarchiser les différents usages de l'eau et les volumes qui y sont alloués.

A titre d'exemple, en Uruguay, la constitution qui fut, à l'occasion d'un amendement adopté en 2004, la première constitution latino-américaine à reconnaître le droit à l'eau, stipule :

The national policy of Waters and Sanitation shall be based on [...]:
c. The establishment of priorities for the use of water by regions, basins or parts of them, the first priority being the drinking-water supply to towns.

Les besoins en eau

La population mondiale devrait atteindre 9 milliards de personnes en 2050.

L'augmentation des besoins en alimentation va par nature augmenter les besoins en eau pour l'agriculture. Il faut aussi considérer l'augmentation du niveau de vie et l'évolution des régimes alimentaires qui ne sont pas sans conséquences sur les besoins en eau. Il faudrait par exemple 6 planètes si toute l'humanité avait les mêmes modes de consommation que les Etats-Unis. Ainsi la demande en eau va s'accroitre de 64 milliards de m3 de plus par an d'ici 2050. Comment nourrir la planète tout en répondant aux besoins d'eau potable pour les populations ?

Des solutions existent selon les pays et les besoins avec l'amélioration des semences, des techniques d'irrigation ou encore la réutilisation des eaux usées épurées à grande échelle. Il ne faut surtout pas aller vers une opposition entre les villes et les campagnes. Les besoins en eau pour l'agriculture sont plus un problème quantitatif quand la question de l'accès à l'eau potable n'est pas un sujet qualitatif mais plutôt d'organisation sociale et d'infrastructures.

Repères

Le rapport publié fin novembre 2011 par la FAO, Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture,présente l'état des ressources en terres et en eaux (Consulter le site de la FAO) dont dépend la production vivrière mondiale. Il fait état de l'appauvrissement et de la dégradation des terres et des eaux, constituant une menace pour la sécurité alimentaire.
L'agriculture occupe 11% de la surface des terres émergées et utilise 70% de toute l'eau tirée des aquifères, des cours d'eau et des lacs (Consulter les données). Selon la FAO, il sera nécessaire d'ici 2050 de produire un milliard de tonnes de céréales et 200 millions de tonnes de produits d'animaux supplémentaires chaque année, pour nourrir une population plus nombreuse, particulièrement dans les pays en voie de développement.
Pour améliorer la productivité de l'agriculture, la FAO recommande une gestion intégrée des ressources en terre et en eau. Elle estime que près de 900 milliards d'euros devront être investis d'ici 2050 pour développer la gestion de l'irrigation dans le monde et pour la protection et la mise en valeur des terres, la conservation des sols et la lutte contre les inondations.

La tarification incitative pour l'économie d'eau

Le sujet de la mise en œuvre de tarifications incitatives pour les agriculteurs est au centre des réformes dans plusieurs pays, comme au Maroc à travers le Plan vert lancé en 2008 où est développé un système d'incitations financières et de simplification des procédures administratives à l'octroi de subventions pour participer au programme national d'économie d'eau.

Recommandations

  •  Passer d'une gestion des conflits d'usages à une organisation basée sur la conciliation et l'optimisation des usages successifs de l'eau
  • La réutilisation (après traitement) des eaux usées des villes constitue une ressource perenne pour les usages agricoles ou industriels
  •  Leur utilisation en circuit court pour l'irrigation des terres agricoles favorise le développement de l'agriculture périurbaine amenée à devenir le grenier des villes.
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